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Favoriser l'insertion professionnelle des personnes handicapées, une solidarité vigilante (mai 2001)

Date de parution : 9 mai 2001
Thématique : Santé & Social
Commission : Sanitaire et sociale
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Favoriser l'insertion professionnelle des personnes handicapées, une solidarité vigilante

L´insertion professionnelle des personnes handicapées fait l´objet d´importantes mesures législatives et financières. Un très grand nombre d´acteurs, présents dans le milieu ordinaire de travail (entreprises ou administrations) ou dans le milieu protégé (centres d´aide par le travail et ateliers protégés pour les personnes plus lourdement handicapées) intervient afin de faciliter la recherche d´emploi ou le maintien en poste des personnes handicapées. Toutefois, malgré l´énergie et le potentiel des travailleurs handicapés et l´aide des organismes d´accompagnement, l´insertion professionnelle, élément-clé de l´insertion sociale, demeure un combat quand elle n´est pas un véritable "parcours du combattant". Après avoir tenté de mieux cerner la population handicapée adulte des Pays de la Loire et sa place dans le monde du travail, le CESR propose des solutions souples facilement transposables, afin de mieux utiliser les dispositifs actuels et de multiplier les passerelles entre les acteurs et les structures existants.

 


Insertion professionnelle des personnes handicapées : l'affaire de tous

Quelle est la place des personnes handicapées dans notre société ? Peuvent-elles vivre comme les autres ou faire au moins accepter leur différence ? Leur autonomie et leurs chances d’insertion – notamment professionnelle – méritent d’être prises en compte dans leur globalité par la communauté tout entière. Pour réduire les blocages fonctionnels sociaux et psychologiques liés au handicap.

Si pour chacun d’entre nous la notion de réussite professionnelle reste relative et n’est qu’une voie d’épanouissement personnel parmi d’autres, force est de constater que le "barrage à l’entrée" érigé devant les personnes souffrant d’un handicap est en soi un obstacle à la normalisation des relations entre valides et non valides. Pourtant, l’environnement juridique et institutionnel est complet mais une meilleure coordination des différents intervenants permettrait sûrement une plus grande efficacité au bénéfice des personnes handicapées.

Le travail plus que jamais au cœur de l’insertion

En France, les pouvoirs publics s’appuient sur la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour apprécier le degré de handicap. Cette définition retient trois critères qui s’enchaînent : la déficience, qui conduit à l’incapacité et dont découle le handicap ou le désavantage. Il importe de mettre aussi en relief la conjonction de l’état de santé physique, sensoriel ou mental de la personne, son environnement culturel, social et même réglementaire pour décrire les situations de handicap. Ainsi, un cadre de vie amélioré par une insertion professionnelle réussie peut fortement diminuer l’ampleur d’une singularité regardée avec une indulgence toute relative dans un contexte social parfois rigide.

Dans le prolongement de la déclaration universelle des droits de l’homme, celle sur les droits des personnes handicapées adoptée par les Nations Unies confirme l’importance de leur droit au travail. Dans cet esprit, la France s’est dotée depuis vingt-cinq ans d’un arsenal de lois qui vont toutes dans le sens d’une approche globale de l’invalidité vécue. Grâce à l’allocation pour adulte handicapé, complétée par une allocation compensatrice pour les personnes qui ne peuvent exercer seules les actes de la vie quotidienne, les personnes déficientes disposent d’une autonomie financière et économique indispensable. De même, en matière d’accueil et de prise en charge des personnes jugées trop handicapées pour intégrer un cadre de travail ordinaire, les départements jouent un rôle primordial depuis les lois de décentralisation. Ainsi ont été créées les Commissions départementales d’éducation spécialisée (CDES) et les Commissions techniques d’orientation et de reclassement professionnel (COTOREP) chargées de statuer sur le taux d’incapacité et d’orienter en conséquence vers des structures appropriées notamment les Ateliers protégés et les Centres d’aide par le travail (CAT).

30 000 travailleurs handicapés en Pays de la Loire

Sur les 34 000 bénéficiaires de l’allocation pour adulte handicapé dans les Pays de la Loire, environ 4 000 sont exclus de l’emploi en raison de la lourdeur de leur handicap. Les maisons d’accueil spécialisé offrent 800 places aux personnes les plus dépendantes et les foyers à double tarification offrent près de 500 places, pour des personnes capables d’un minimum d’autonomie. Enfin les foyers occupationnels abritent 2 600 adultes moins dépendants mais néanmoins inaptes à une quelconque activité professionnelle. Parmi ceux qui peuvent travailler, les deux tiers ont un emploi. Ce sont en général les personnes les plus qualifiées. Les CAT accueillent près de 5000 d’entre elles mais il faudrait mille places supplémentaires pour répondre à tous les besoins. Dans les ateliers protégés, qui proposent à peu près 2 300 places, l’équilibre entre offre et demande est quasiment atteint. Enfin, le milieu ordinaire fait confiance à 12 500 personnes handicapées, soit un taux de 5% supérieur d’un point à la moyenne nationale, mais inférieur au seuil de 6% fixé par la loi.

Un long travail de sensibilisation et de persuasion

30% des entreprises des Pays de la Loire n’emploient que des valides. Elles s’acquittent en contrepartie d’une contribution compensatrice au taux maximal auprès de l’association nationale de gestion des fonds de l’insertion professionnelle des personnes handicapées (AGEFIPH). L’acceptation de la personne handicapée par le monde du travail s’avère parfois difficile, une embauche synonyme de tracas potentiels pour certains, une identification à un état méconnu et marginal délicate pour d’autres.

Des actions sont entreprises par plusieurs organismes pour inverser la tendance. Ainsi, Cap Emploi dont les actions de communication permettent le rapprochement entre travailleurs handicapés et travailleurs valides. C’est également l’esprit de Handisup qui veille à l’orientation des scolaires et des étudiants handicapés en évitant le double écueil de la discrimination et de la surprotection. Pour l’avenir, il apparaît qu’un rapprochement du secteur éducatif et des milieux curatifs des personnes handicapées aurait des effets positifs sur le comportement des jeunes, futurs actifs en position de faciliter l’accès d’une personne différente à l’univers des “bien portants”. Si la volonté politique et les moyens financiers sont là, l’amélioration du taux de recrutement des personnes atteintes de handicaps repose sur l’évolution des mentalités. Une évolution que les nombreux outils et dispositifs existants ne pourront à eux seuls décréter.

PROPOSITIONS POUR UNE MEILLEURE INSERTION

Pour intensifier l’insertion par le travail des personnes handicapées, le CESR lance plusieurs pistes de réflexion. Parmi les nombreuses propositions :

  • Mettre en œuvre une approche pluridisciplinaire pour des solutions pragmatiques
  • Apporter une aide souple aux parents
  • Favoriser le dialogue entre toutes les parties prenantes
  • Aménager l’environnement pour plus d’autonomie et de mobilité
  • Inciter à la mise en réseau des structures sur un même territoire
  • Développer des passerelles entre le milieu protégé et le milieu ordinaire
 
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