• Suivre le Ceser sur Dailymotion
  • Suivre le Ceser sur Twitter
  • Contacter le CESER
  • publcation

Réflexions, avis et propositions pour l’avenir de la région

Date de parution : 16 juin 1995

La fécondité et la petite enfance (juin 1995)

La chute de la fécondité régionale

La crise de la fécondité est un phénomène de grande ampleur qui touche l'ensemble de la France et des pays européens. Longtemps citée pour sa vitalité démographique, la région des Pays de la Loire a vu sa fécondité chuter de façon spectaculaire au début des années 1980 pour s'aligner sur la moyenne nationale : du deuxième rang national en 1982 (2,04 enfants par femme), la région est passée en 1990 au sixième rang avec 1,82 enfant par femme. En 1994, l'indice de fécondité serait estimé à 1,65 enfant par femme en Pays de la Loire comme au niveau national.

 

Ce phénomène s'inscrit dans un vaste mouvement de mutation de notre société. De multiples facteurs agissent sur la fécondité et il est extrêmement difficile de tracer des liens de causalité explicites et hiérarchisés. Très schématiquement, deux grandes composantes se distinguent dans l'analyse de cette baisse. D'une part, les éléments qui s'exercent sur la diminution des naissances non désirées : ce sont les facteurs "techniques" qui ont permis le contrôle des naissances.

 

D'autre part, les causes qui agissent sur le désir d'enfants : ils sont très nombreux et sont d'ordre psychologique, sociologique, culturel ou économique. Ces faits de société englobent à la fois le changement irréversible des conditions de vie des femmes et tout un ensemble d'attitudes nouvelles. S'y ajoutent des causes plus spécifiques à la région des Pays de la Loire comme le départ massif de jeunes femmes qui constitue sans doute un mouvement de fond très perturbateur.

 

Dans ce contexte le renouvellement des générations n'est plus assuré.

 

 

Fécondité et politique familiale

L'Etat est le principal acteur de la politique familiale. Son action prend une forme différente d'un pays à un autre mais l'on considère qu'il existe bien une corrélation entre fécondité et politique familiale, et non pas forcément une causalité : les prestations familiales créent un climat favorable à la natalité, inversement leur suppression ou diminution ont un effet négatif.

 

Or aujourd'hui, les attentes des familles ne trouvent pas de réponses dans la politique familiale française qui ne compense pas la dégradation du niveau de vie des familles en fonction du nombre d'enfants. Elle s'est déplacée au cours des années vers une politique de traitement des problèmes sociaux rencontrés par certaines familles. Ainsi les prestations familiales sous conditions de ressources sont-elles devenues majoritaires. Par ailleurs, le niveau des prestations n'a pas suivi la hausse des prix.

 

L'Etat doit manifester plus clairement l'importance qu'il accorde au remplacement des générations. Or les derniers aménagements de la politique familiale française demeurent très insuffisants. D'une part, la simplification du dispositif est toujours à entreprendre : elle doit mieux s'adapter au changement des comportements familiaux. D'autre part, certaines prestations ne comportent pas un caractère familial évident. Les prestations familiales doivent conjuguer une incitation à la natalité, une aide liée à l'éducation de l'enfant, en corrigeant le handicap économique que représente l'accueil d'un enfant supplémentaire, et cela quels que soient les revenus du ménage. De plus, il paraît légitime de conserver une certaine modulation des aides en fonction de leurs revenus. La réforme du calcul de l'impôt est devenue une nécessité afin de rétablir une plus grande égalité entre les familles.

 

 

L'accueil de l'enfant : une nécessité incontournable

L'accueil de la petite enfance présente encore des insuffisances et des dysfonctionnements. Du travail féminin découle en effet un besoin croissant et diversifié de services et de structures d'accueil des jeunes enfants. Qui plus est, les évolutions économiques et sociétales rendent fluctuante la demande des parents. Si au niveau national on estime que les structures "officielles" (crèche, halte garderie, assistante maternelle agréée) ne répondent qu'à la moitié des besoins des parents, dans la région des Pays de la Loire moins de 25% des enfants de moins de trois ans y seraient accueillis.

 

Malgré certains progrès, la région se caractérise encore par une relative insuffisance de structures collectives dans la quasi totalité des bassins de vie ruraux et des villes (hormis l'agglomération nantaise). Elle est notamment sous équipée en crèches collectives (34 places pour 1000 enfants dans la région pour 77 pour 1000 enfants en France). Les assistantes maternelles indépendantes forment le mode de garde le plus développé. Ce contexte laisse peu de choix aux parents et explique en partie la pré-scolarisation importante des enfants de moins de trois ans, caractéristique de la région : ainsi 52% des enfants de deux ans sont scolarisés pour 35,3% en moyenne nationale.

 

Si elle répond dans de nombreux cas à des besoins de garde, il n'en demeure pas moins que la forte scolarisation des enfants de moins de trois ans pose des problèmes au niveau des classes maternelles. Malgré des efforts pour aménager le temps scolaire et adapter le mobilier aux besoins des jeunes enfants, le passage de la garde à l'école marque le plus souvent une rupture assez brutale au niveau de l'encadrement. Le personnel est en effet moins nombreux et l'aspect psychologique n'est quasiment pas considéré.

 

Le problème de l'accueil de la petite enfance est principalement financier. Les lois de décentralisation ont conduit les municipalités à prendre en charge ce secteur. La volonté et la sensibilisation des élus locaux sont donc déterminantes dans le développement de l'offre d'accueil. Mais les modalités de financements et les coûts sont très variables d'une commune à l'autre et d'un mode de garde à un autre. Ainsi, il semble évident que la majorité des communes rurales et des petites villes de la région n'ont pas les capacités financières pour assumer, seules, la construction et le fonctionnement de structures telles que les crèches collectives. Dans le même temps les aides non négligeables pour l'emploi d'assistantes maternelles agréées rendent ce mode de garde de plus en plus attractif pour les parents.

 

Les municipalités, fortes de leur proximité des familles, et de manière générale tous les acteurs économiques et sociaux devront à l'avenir se prévaloir d'une approche différente, plus globale, de l'accueil de la petite enfance en intégrant dans leurs actions des considérations liées au cadre de vie. L'objectif est de développer sur le territoire régional des politiques complémentaires visant à l'amélioration de l'environnement des familles.

Contactez-nous !

une question, un projet, une commande papier de nos études & publications...

Nom*
Entrée non valide

Prénom*
Entrée non valide

Adresse*
Entrée non valide

Ville*
Entrée non valide

Code Postal*
Entrée non valide

Email*
Entrée non valide

Téléphone
Entrée non valide

Fonction
Entrée non valide

Objet
Entrée non valide

Message*
Entrée non valide

Entrée non valide

Création site internet : Agence web Images Créations