Etudes & Publications
Imprimer Envoyer

La politique européenne et internationale de la Région (2000)

Date de parution : 23 mars 2000
Thématique : Aménagement du territoire
Commission : Finances et Plan
La politique européenne et internationale de la Région PDF
La politique européenne et internationale de la RégionForte d'une expérience dynamique menée depuis 10 ans, la Région affiche l'ambition de se donner un rôle moteur pour les Pays de la Loire en matière de politique européenne, et désormais également fortement internationale. Le CESR considère que si la Région ne doit pas tout faire, elle doit en revanche coordonner l'ensemble des actions développées sur son territoire, là où, dans l'intérêt général, l'action publique peut suppléer l'initiative privée. Sur la base de ses travaux antérieurs, le CESR expose ici les orientations qui lui paraissent majeures dans ce domaine pour l'avenir des Pays de la Loire.

Pour ouvrir la Région à l'international

Mondialisation des échanges, construction de l'Union européenne, mise en place de l'euro: nul n'ignore que l'internationalisation de l'économie est une réalité de plus en plus prégnante, y compris dans notre vie quotidienne. Ces mutations, fortes et rapides, concernent en premier lieu les entreprises. Mais les collectivités publiques et territoriales ont un rôle majeur pour anticiper, faciliter et coordonner ces actions. La Région des Pays de la Loire s'y emploie et le CESR propose que l'effort soit accentué vers certaines directions stratégiques.
Cela fait quinze ans que la Région des Pays de la Loire a mené une politique globale pour informer, former, soutenir les investissements étrangers dans la région, inciter à la mobilité des jeunes, favoriser les coopérations. Depuis 1998, elle a intensifié ses efforts en systématisant la dimension internationale dans l'activité de chacun de ses services. Avec toujours le même objectif: ouvrir la région à l'international, en intervenant notamment sur les moyens de communication, les formations et les soutiens logistiques. Etat des lieux.

Regrouper les compétences

Les petites et moyennes entreprises constituent l'essentiel du tissu économique des Pays de la Loire. Dynamiques, elles se montrent encore trop peu performantes à l'export, surtout hors de l'Union européenne. La prospection, la présence dans les grands salons, le coût des brevets, la logistique sont en effet difficilement gérables par les PME. C'est d'ailleurs devant ce constat que la Région a mis en place une série d'aide en liaison avec des réseaux consulaires et des organismes professionnels, regroupés pour beaucoup au sein de la convention régionale à l'exportation. Le CESR estime qu'il faut poursuivre ce regroupement de compétences dans une logique de réseau et intensifier la politique de création de structures d'appui à l'étranger.

Se donner les moyens d'attirer les entreprises étrangères

Les Pays de la Loire ne sont donc pas assez une région d'exportateurs... pas plus qu'elle n'est une terre d'élection des investisseurs étrangers. La région compte un peu plus de 200 entreprises qui sont majoritairement à capitaux étrangers. Soit moins d'une entreprise sur mille alors que le ratio est triple au niveau national! L'explication de cette situation est connue, tout comme les moyens d'y remédier: optimiser encore l'expertise des entreprises sous-traitantes et des centres de recherche, et intensifier les efforts dans le domaine de l'enseignement supérieur. La Région a déjà consenti un effort remarquable pour rattraper le retard. Les résultats sont intéressants: en 10 ans, le nombre des étudiants a augmenté de 10 000 et celui des équipes de recherche et des laboratoires a triplé. Mais ils sont encore insuffisants. Un seul chiffre résume tout le chemin qu'il reste à faire pour la métropole régionale: Nantes ne compte que 1 500 chercheurs alors que Rennes en héberge 4 000.
Autres conditions primordiales pour attirer les investisseurs étrangers: la qualité des moyens de communication. Beaucoup a été fait mais un constat s'impose: les Pays de la Loire ne sont pas encore reliés de manière continue avec la Grande-Bretagne, le Benelux, l'Italie et l'Allemagne. Il est d'ailleurs à remarquer que les tronçons routiers manquants se situent pour la plupart sur le territoire d'autres régions, ce qui nécessite une action plus délicate et originale: une action spécifique de l'État et un partenariat interrégional.
Même constatation en matière ferroviaire: la réalisation complète du schéma des lignes à grande vitesse doit être considérée comme une priorité. Tout comme la modernisation de la liaison Port de Nantes-Saint-Nazaire -Vallée du Rhône vers la Suisse et l'Italie, une des clés du développement de toute la place portuaire. Enfin l'aéroport interrégional à Notre-Dame des Landes n'est encore qu'un projet alors que le CESR souhaite le voir prendre corps dès 2010.

Une coopération plus active entre les Régions

Quel territoire est le plus pertinent pour être performant à l'international? Le grand Ouest, répond clairement le CESR, estimant que la coopération entre les Régions Atlantique est plus que jamais nécessaire. D'ailleurs le Conseil économique et social  attend beaucoup de l'association Ouest Atlantique, surtout depuis l'annonce de la plus forte implication financière des Régions. Reste à donner du contenu à ces partenariats, traduisant bien les intérêts communs. Ainsi le CESR pense que désormais les relations à vocation économique devraient être recherchées en priorité.
C'est également au nom de l'efficacité et du pragmatisme que le CESR investit la région d'un rôle de facilitateur pour l'attribution des aides européennes. Ce que ne contesteront pas les bénéficiaires potentiels souvent perdus dans le maquis de procédures et de réglementations parfois très complexes. Quant au bureau commun Bretagne-Pays de la Loire, il doit sortir de son strict rôle de veille d'information pour défendre activement les intérêts des habitants de l'Ouest. Une mission de lobbying que bien d'autres collectivités assurent déjà à Bruxelles.

Que chaque Ligérien parle une langue étrangère

L'environnement éducatif et culturel des Pays de la Loire devrait participer à cette ouverture à l'international. Il est même un point capital si on souhaite vraiment une évolution. Beaucoup d'entreprises des Pays de la Loire déplorent encore les insuffisances en matière d'apprentissage des langues. Le CESR rappelle donc l'objectif du plan stratégique: la maîtrise d'une langue étrangère au moins pour chaque Ligérien. Un projet très ambitieux qui inciterait peut-être plus de jeunes et d'entrepreneurs des Pays de la Loire à franchir les frontières, à se confronter à d'autres cultures...
 
Création site internet : Agence web Images Créations