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Le spectacle vivant (oct 2001)

Date de parution : 11 octobre 2001
Thématique : Culture - Sport - Tourisme
Commission : Culture, Tourisme et Sport
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Le spectacle vivant

Musique, danse, théâtre et autres formes artistiques apparentées, le spectacle vivant est une rencontre physique entre les artistes et le public. Carrefour de la liberté d'expression artistique, des politiques publiques et de l'activité économique, il contribue au développement culturel de la nation et à la formation artistique de chacun. Les Pays de la Loire, grâce à l'action conjuguée de l'Etat, de la Région et des autres collectivités locales, disposent d'un potentiel fort. Après avoir enquêté auprès de plus de 100 troupes ligériennes professionnelles, le CESR a formulé des propositions visant à favoriser l'action des créateurs. Elles correspondent à plusieurs priorités : renforcer l'accompagnement des créateurs, former les publics de demain, développer l'observation et la diffusion, défendre les intérêts du spectacle vivant à l'échelle des territoires.


Le spectacle vivant : affirmer le potentiel régional

Musique, danse, théâtre et autres formes artistiques apparentées, le spectacle vivant est une rencontre physique entre les artistes et le public. En jouant la conciliation entre liberté d'expression artistique, politiques publiques et activité économique, il contribue au développement culturel de la nation et à la formation artistique du citoyen, rejoignant en cela la notion de service public. Le rôle de l'Etat et des collectivités territoriales se justifie donc pleinement et leur soutien financier trouve même sa légitimité dans la Constitution !

L'Etat et la Région, partenaires affirmés

En France, le secteur du spectacle vivant est marqué par une grande vitalité avec 25 millions d'entrées par an, près de 1 500 lieux de spectacles et 3 000 équipes artistiques. Représentant le quart des emplois culturels, il fait vivre environ 90000 personnes. En Pays de la Loire, l'INSEE a recensé en 1999 quelque 3 858 actifs, dont la moitié réside en Loire- Atlantique.

Bien qu'il soit difficile de mesurer avec précision le poids économique du spectacle vivant en région, il s'avère qu'il apporte une plus-value incontestable à l'éducation culturelle, à l'activité commerciale de proximité et à l'attractivité. L'action de l'État fait l'objet d'une coordination croissante avec celle des collectivités territoriales. Elle est également significative sur le plan de l'enseignement artistique et de la formation des enseignants. Enfin, l'État a pris en compte les phénomènes culturels nouveaux, en labellisant par exemple comme "pôle régional" l'association TREMPOLINO qui promeut les musiques actuelles.

Des aides importantes en Pays de la Loire

Les crédits publics pour le spectacle vivant sont intégralement déconcentrés auprès de la DRAC. Sa panoplie d'aides s'appuie sur une forte volonté de qualité et de durée. Avec plus de 6 MF de crédits pour 24 compagnies dramatiques et 2 compagnies chorégraphiques, en 1999 les Pays de la Loire sont arrivés en quatrième position en termes de subventions après l'Ile-de-France, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Un résultat obtenu alors que la Région est un acteur relativement récent du spectacle vivant ligérien. Sans se détourner des autres disciplines artistiques, le Conseil régional commence par soutenir la création, le fonds régional d'aide au développement des initiatives culturelles (FRADIC) et plusieurs festivals.

A partir de 1998, sa politique se structure et est complétée par des aides à la création et à la diffusion, la mise à disposition de scènes dans les hauts lieux de la culture française (Avignon, Paris) ou encore le soutien au Pass Culture Sport pour les jeunes.

Le caractère offensif de la politique régionale est appréciable pour les  Pays de la Loire pour contribuer au lien social, au sentiment d'appartenance à un territoire. Elle est conçue par les élus régionaux comme un levier de développement général et un facteur de qualité de vie pour la population. L'évolution du budget régional affecté à la culture est, sur ce point, significative. Il a presque quadruplé en passant de 44 MF en 1989 à près de 172 MF en 2000. Pour le spectacle vivant, le budget alloué en 2001 s'élève à plus de 53 MF.

Au plus près des professionnels du secteur

Pour mieux connaître la vie quotidienne des compagnies, des artistes, des techniciens et des administrateurs, les expériences réussies, les échecs et les rapports avec les différents partenaires publics, le CESR a enquêté auprès de plus de 100 troupes représentant tous les secteurs du spectacle vivant. Derrière les structures qui ont répondu, et dont plus de 65% ont passé des conventions avec des partenaires publics, se cachent des réalités très diverses. Ainsi, celle de l'Orchestre national des Pays de la Loire qui reçoit 50 MF de subvention et celle des petites compagnies de théâtre auxquelles les municipalités octroient 10 000 F pour leur fonctionnement. Le niveau de satisfaction varie sensiblement d'un partenaire public à l'autre. Les villes et la Région des Pays de la Loire bénéficient d'appréciations positives (autour de 75% des compagnies interrogées), tandis que l'État et les Départements font l'objet de constats plus nuancés (55% des compagnies interrogées).

L'enquête a conduit le CESR à s'attacher aux remarques des professionnels. Certaines compagnies estiment manquer cruellement de moyens de fonctionnement et/ou de reconnaissance. Par ailleurs, on souligne la précarité des lieux de travail en souhaitant par exemple la création d'un "théâtre mobile" pour répondre aux demandes des petites structures d'accueil sans lieux scéniques aménagés. On incite à "une plus grande synergie des politiques culturelles des différentes collectivités". On déplore également l'existence de "réseaux d'influence" auxquels on appartiendrait ou pas. En être procurerait "le beurre et l'argent du beurre". En être absent conduirait à "une forme d'ostracisme" et à "une concurrence déloyale". Enfin et plus globalement, on déplore "le manque de réflexion sur la place des artistes dans la cité.

Des aides, des salles de spectacles et un observatoire

Plusieurs actions peuvent être envisagées pour consolider le spectacle vivant régional. Tout d'abord, le CESR propose de développer des conventions pluriannuelles avec la Région, de créer des pépinières de jeunes artistes, de renforcer la politique régionale d'accueil en résidence d'artistes d'ici et d'ailleurs. Le souhait de la Région des Pays de la Loire serait aussi d'avoir un réseau de 40 à 50 véritables salles de spectacle, ce qui nécessiterait une action concertée d'aménagement du territoire.

Pour ce qui concerne les publics et notamment le jeune public, il est intéressant que la complémentarité des politiques puisse s'affirmer pour qu'une véritable chaîne de l'éducation artistique se mette en place, en partenariat avec l'État, ainsi que les Départements et les villes, très actifs dans le spectacle vivant. Parallèlement, il serait intéressant de créer un observatoire régional des pratiques culturelles qui contribuerait utilement à l'information des acteurs publics et leur donnerait des indicateurs les aidant à élaborer de nouvelles politiques, en adéquation avec les besoins du terrain. Il convient aussi de favoriser les rencontres entre créateurs et diffuseurs, de définir une politique ambitieuse de diffusion par les médias en travaillant plus étroitement avec les télévisions et radios régionales et, le cas échéant, avec les télévisions et radios locales.

D'autres points de vigilance s'imposent aussi. Ils concernent la défense de statuts adaptés à la spécificité des métiers du spectacle vivant au niveau national, l'encouragement des projets intercommunaux et interrégionaux et la liberté des créateurs. Bref, un ensemble de mesures capables, dans des domaines touchant au spectacle vivant, de placer la Région des Pays de la Loire en position de force voire en pilote.

 
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