En une trentaine d’années, les entreprises des pays développés ont progressivement externalisé une grande partie de leur production pour se concentrer sur leur cœur de métier et maintenir leur marge dans un environnement de baisse des prix. Dans un même temps, les pays émergents ont monté en compétence et en attractivité qualité/prix. Certains donneurs d’ordres se sont alors dangereusement éloignés de leur cœur de métier pour confier des tâches stratégiques à des sous-traitants souvent étrangers, avec le risque d’une disparition du savoir-faire local.

Après la forte contraction de l’activité ces deux dernières années et dans un environnement concurrentiel international accru, la sous-traitance industrielle a du réaliser des gains de productivité importants.  Certains donneurs d’ordre ont accompagné cette stratégie, la qualité du savoir-faire et la performance déployées par le sous-traitant ayant permis que s’établissent des relations de confiance fortes. Mais la plupart des sous-traitants notent un durcissement de la relation entre donneurs d’ordres et sous-traitants, pouvant mettre en péril la pérennité du tissu local des PME sous-traitantes. C’est dans ce contexte que le CESER a réalisé ce rapport et préconisé des actions, sur la base de nombreux témoignages d’entreprises.

Quelques pistes d’action et d’accompagnement pour pérenniser la sous-traitance industrielle locale

Développer des actions ponctuelles qui facilitent l’identification et l’information des savoir-faire et les orientations futures des marchés 

  • Démarches de type « audit flash » dans les entreprises, missions sur des salons professionnels, …
  • Accompagner les projets d’investissement d’équipements industriels lourds et structurants qui améliorent l’attractivité économique
  • Réfléchir à une approche « innovation régionale » qui offre aux PME un meilleur accès aux différents outils et moyens disponibles sur la région
  • Conditionner le versement des aides attribuées aux donneurs d’ordres à l’adhésion et au respect du Pacte PME
  • Conditionner les appuis du fonds régional de co-investissement en priorité à des entreprises qui font travailler les sous-traitants locaux.
  • La mise en place d’actions de communication tournées non pas vers les métiers mais vers les atouts de la filière concernée pour donner envie aux jeunes de s’engager dans les formations.
  • Coordonner une veille locale et un recensement des besoins à venir dans les filières liées à la sous-traitance, adapter les parcours de formation débouchant sur des titres professionnels reconnus qui soient inscrits au répertoire national des certifications professionnelles et soutenir les actions collectives de formation initiées par les entreprises.

En complément de « Made in France », favoriser l’émergence d’une identité forte « Pays de la Loire ».