• Suivre le Ceser sur Dailymotion
  • Suivre le Ceser sur Twitter
  • Contacter le CESER
  • publcation

Réflexions, avis et propositions pour l’avenir de la région

Date de parution : 14 décembre 2000

Les conséquences économiques et environnementales de la marée noire de l'Erika (déc 2000)

ceser environnement erika3,2 à 3,7 milliards de francs pour le seul littoral des Pays de la Loire. Telle est, un an après, la première estimation du coût du drame de l'Erika pour la région. Cette étude du CESR conduite à la demande du Président Fillon passe en revue l'ensemble des conséquences économiques et environnementales d'ores et déjà mesurables.

 

 

Pollution de l'ERIKA : un premier bilan du CESR

Il y a un an L'Erika coulait au large des côtes bretonnes. Le pétrolier qui transportait 31000 tonnes de produits pétroliers s'est cassé en deux. La pollution est intervenue en plusieurs vagues successives, souillant 400 km de côtes, principalement celles de Loire-Atlantique et du nord-Vendée. Cette catastrophe est lourde de conséquences, comme le démontre cette étude réalisée par le CESR des Pays de la Loire à la demande de François Fillon, président du Conseil régional.

 

Fruit de longues enquêtes sur le terrain réalisées par une quarantaine de membres du CESR, notamment auprès de 41 mairies littorales, ce premier rapport n'est pas exhaustif car toutes les conséquences de cette catastrophe ne peuvent être évaluées. Trop d'incertitudes pèsent encore sur l'impact réel qu'elle peut avoir sur la clientèle touristique des prochaines saisons ou sur les bouleversements écologiques qu'elle est susceptible d'entraîner à court et moyen terme.

 

 

Des inquiétudes sanitaires

Le CESR regrette qu'aucun suivi des personnes exposées n'ait été mis en place, rappelant les résultats d'une enquête de la Direction générale de la Santé: sur 3700 personnes ayant participé à des chantiers de nettoyage, près de 1 500 avaient ressenti des troubles de santé pendant leurs activités.

 

En ce qui concerne les vacanciers, il est à noter que les risques sanitaires sont faibles, aussi bien à court terme qu'à moyen terme. L'étude rejette donc l'idée de danger mortel, y compris pour les enfants qui ingèreraient par erreur une boulette de ce fioul.

 

 

Un drame écologique

Selon une estimation provisoire de LPO, plus de 300000 oiseaux marins hivernant dans le golfe de Gascogne seraient morts. Pour le seul domaine de la faune, ils sont les principales victimes de la catastrophe alors que les impacts sur la reproduction des espèces sont, à l'heure actuelle, encore inconnus. Les nombreuses études sur les poissons, les crustacés, les coquillages sont en cours et permettront de préciser l'importance des dégâts et leur durabilité.

 

Le CESR insiste également sur les dégâts causés par les opérations lourdes de nettoyage. L'urgence des interventions a généré des impacts forts sur les côtes, en particulier sur les dunes et leur tapis végétal. De même la méconnaissance du fonctionnement des écosystèmes littoraux a souvent engendré des actes efficaces à court terme mais nuisibles à l'environnement: nettoyage à marée descendante nocive pour la microfaune vivant dans la zone de balancement des marées; décapage au jet à haute pression qui rend les roches friables; utilisation répétée de cribleuse nuisible, à terme, à la biodiversité...

 

 

Un bilan financier provisoire

Une première estimation des conséquences économiques de la marée noire sur le seul littoral des Pays de la Loire donne un coût global de 3,2 à 3,7 milliards de francs, y compris les frais engagés par Total-Fina-Elf. Un chiffre qui serait sensiblement supérieur si le préjudice subi plus à l'intérieur des terres avait été calculé. L'étude commanditée par l'Association Interrégionale Littorale Solidaire précisera ultérieurement le coût global sur les trois régions concernées: Bretagne - Pays de la Loire - Poitou-Charentes.

 

 

Les communes en première ligne

Les communes ont été les premières touchées, essentiellement par l'investissement dans des mesures d'urgence. Sur les 45 communes du bord de mer que comptent les Pays de la Loire, 40 d'entre elles, comprises entre Assérac et La Faute-sur-Mer, ont reçu des produits polluants. Elles ont été au centre du drame humain et du traumatisme subi par les populations. Bien que souvent peu ou pas préparées à gérer une telle catastrophe, elles ont dû encadrer les chantiers et les bénévoles, parer au plus pressé.

 

Bilan: près de 13000 journées de travail comptabilisées dans 26 villes littorales. Selon le CESR, l'inadaptation du plan Polmar a également compliqué la tâche des communes: insuffisance de matériel de nettoyage, mise en place en urgence de lieux de stockage de déchets, prise en charge des oiseaux mazoutés, manque d'information sur les prévisions météo...

 

 

Principales victimes : les professionnels de la mer et du tourisme

En termes de chiffre d'affaires, les professions les plus touchées sont les conchyliculteurs (de -30 à -60%), les pêcheurs à pied, les paludiers (peu ou pas de récolte à Guérande), les mareyeurs, les poissonniers. Ces conséquences économiques ont été d'autant plus fortement ressenties que le naufrage est intervenu juste avant les fêtes de fin d'année qui constituent pour ces professions la période majeure de leur activité.


A l'impact médiatique de la catastrophe s'est ajouté en effet l'interdiction de ramassage ou de commercialisation des coquillages.

En matière touristique, les pertes de chiffres d'affaires liées à des baisses de fréquentation sont très importantes, estimées globalement à 5,3 millions de nuitées. Ces pertes concernent notamment l'hôtellerie de plein air (-21 % sur le littoral et -19% dans la région), l'hôtellerie de tourisme (-14 % sur le 1ittoral et - 9 % dans la région), les meublés loués par agence (-21 % sur le littoral), les commerces (- 10 %). Les baisses de fréquentation des résidences secondaires et des meublés loués par des particuliers sont quant à elles difficilement comptabilisables.

 

Tous les sites touristiques du secteur côtier sont à la baisse, parfois de manière brutale (-20 % à l'Océarium du Croisic, -30 % à La Maison des Paludiers de Guérande). Même constat pour les activités nautiques: les écoles de voile ont en moyenne perdu entre 10 et 30% de leur chiffre d'affaires, et certaines ont dû tout simplement fermer.

 

 

Un traumatisme pour la population et une grave perte d'image

Le CESR souligne l'important préjudice subi par l'ensemble de la population dans son cadre de vie, et qui, il est vrai, bien que réel, est difficilement quantifiable. La forte dégradation de l'image n'est également pas aisée à comptabiliser, même si la baisse de fréquentation peut naturellement lui être imputée. Une étude du Secrétariat d'Etat au tourisme estime la contre-valeur publicitaire liée à la sur-médiatisation de la catastrophe à 200 MF.

 

 

L'engagement de l'Etat, des Conseils généraux et du Conseil régional

L'Etat est intervenu fortement sur cette catastrophe à travers deux dispositifs: le plan Polmar pour les secours d'urgence, qui aura coûté 900 MF pour les 3 régions, et un avenant au contrat de plan Etat-Région, pour restaurer et valoriser le littoral, et accompagner les professionnels de la mer et du tourisme. L'enveloppe de cet avenant "Tempête et marée noire" est de 800 MF en Pays de la Loire.

 

Les Conseils généraux de Loire-Atlantique et de Vendée se sont fortement impliqués dans l'organisation des moyens de dépollution et dans le soutien des professionnels victimes de la marée noire. Avec des choix différents dans l'action mais tous très réactifs, souligne le CESR. La Vendée a mis en place des infrastructures de base des chantiers alors que la Loire-Atlantique s'engageait dans le recrutement de CDD. Entre décembre 1999 et octobre 2000, ces deux Départements ont déjà dépensé plus de 47 MF.

 

De son côté, la Région des Pays de la Loire a déjà engagé 32 MF en faveur des professionnels et pour aider les collectivités locales dans leurs tâches de dépollution ou de restauration des sites.

 

Pour les initiateurs de cette étude, il s'agit bien d'un rapport d'étape (compte tenu des incertitudes qui pèsent encore sur l'impact sur la clientèle touristique des prochaines saisons, des conséquences écologiques à long terme et des lacunes de l'appareil statistique). Une prudence qui laisse augurer un alourdissement sensible d'un bilan déjà très important.

Contactez-nous !

une question, un projet, une commande papier de nos études & publications...

Nom*
Entrée non valide

Prénom*
Entrée non valide

Adresse*
Entrée non valide

Ville*
Entrée non valide

Code Postal*
Entrée non valide

Email*
Entrée non valide

Téléphone
Entrée non valide

Fonction
Entrée non valide

Objet
Entrée non valide

Message*
Entrée non valide

Entrée non valide

Création site internet : Agence web Images Créations