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Réflexions, avis et propositions pour l’avenir de la région

Date de parution : 21 juin 2012

Les modalités d'extension des principes du plan de gestion Val de Loire Unesco en aval de Chalonnes-sur-Loire (juin 2012)

Pour une Loire vivante

 

Le Val de Loire, entre Sully et Chalonnes, a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l’Unesco. Garant de l’inscription du site auprès de l’organisation internationale, l’État a impulsé la rédaction d’un "plan de gestion", visant à la préservation des composantes identitaires exceptionnelles des paysages du Val de Loire.

 

À la demande du président du Conseil régional, le CESER apporte sa contribution et son avis à l’extension des principes du Plan de gestion du Val de Loire en aval de Chalonnes, proposé dans le cadre plus vaste d’un programme d’actions pour la Loire à l’horizon 2020 et issu des Assises de la Loire.

 

Pour le CESER, l’examen approfondi des orientations proposées dans ce plan de gestion fait apparaître que, pour l’essentiel, ce référentiel et ces orientations valent également pour la Loire à l’aval de Chalonnes. L’enjeu est en effet "de préserver et mettre en valeur des caractéristiques patrimoniales, paysagères et naturelles exceptionnelles, de les faire prendre en compte dans l’aménagement du territoire, en cherchant comment concilier préservation, mise en valeur du patrimoine ancien, en construction et à venir et développement économique et social selon les principes du développement durable et de prendre en compte les différents usages du fleuve, constitutifs du lien multiséculaire entretenu entre la Loire et ses riverains".

 

Le rapport du CESER, adopté à l’unanimité, émet des propositions pour "faire de la Loire un axe structurant, favoriser la créativité, faire vivre le paysage".

 

 

Des paysages naturels mais aussi façonnés par l’homme au fil des siècles

Les territoires proposés à l’extension des principes du plan de gestion présentent des caractéristiques qui les distinguent fortement du Val de Loire. Elles rendent la Loire en aval des Ponts-de-Cé beaucoup moins homogène que dans le Val et appellent de ce fait une approche plus différenciée. Pour le CESER, il est impératif de tenir compte de cette spécificité faite de transitions, entre la Loire angevine et la Loire nantaise, et de ruptures avec l’estuaire, largement ouvert sur l’horizon marin.

 

La Loire armoricaine

Dans le prolongement direct de la Loire Unesco, c’est déjà "une autre Loire", avec des spécificités propres. À l’opposé des amples paysages du Val de Loire, le fleuve se resserre en pénétrant dans le Massif armoricain. Ponctué par des fortifications, certaines en ruines, d’autres encore très présentes (châteaux d’Angers et de Nantes, remparts de Saint-Florent, tour d’Oudon, etc), cette Loire armoricaine, est aussi la Loire des promontoires. Elle offre des points de vue remarquables sur le fleuve du haut des belvédères de Montjean, Saint-Florent, Champtoceaux, des Folies-Siffait sur la rive droite, reliés entre eux par une alternance de levées traversant la Vallée et de routes en corniche montant  à travers les vignes.

 

La traversée de l’agglomération nantaise

L’Unesco a inclus expressément le fait urbain en inscrivant le Val de Loire au patrimoine mondial. Mais, s’agissant de l’agglomération nantaise, l’extension stricte des principes du plan de gestion apparaît moins pertinente. En effet, si Nantes a historiquement bâti en front de Loire, notamment le Château des Ducs de Bretagne puis les quais lors de son développement portuaire aux XVIIe et XVIIIe siècles, Nantes et l’agglomération entretiennent depuis une relation plus complexe avec le fleuve dessinant un paysage fortement industriel et portuaire. Un ensemble où se côtoient les anciens grands sites industrialo-portuaires de la petite et de la grande construction navale, les grues, les hangars industriels, les quais, les silos portuaires, les villages périurbains liés à l’activité de la Loire (Trentemoult, Chantenay…). Aux abords de Nantes des paysages se juxtaposent tantôt sauvages, tantôt friches urbaines, tantôt urbanisés avec souvent des traces de petits chantiers navals (Mauves, Sainte-Luce, Saint- Sébastien, Basse-île à Rezé, Port-Lavigne à Bouguenais, Saint-Herblain et Indre), auxquels s’ajoutent les confluences (Erdre, Sèvre) et les coulées vertes (Chézine).

 

Un point de convergence toutefois est à retenir avec le plan de gestion : celui-ci préconise expressément la reconquête et la requalification des rives urbaines, action dans laquelle l’agglomération nantaise est déjà très engagée, et avec succès, de Saint-Sébastien à Indre et Couëron en passant par Nantes.

 

L’estuaire

L’estuaire de la Loire demande sans doute des réponses plus adaptées aux spécificités de ce milieu particulier que les critères Unesco retenus pour le Val de Loire. Dans un précédent rapport du CESER (2009), les enjeux étaient ainsi exprimés : "Espace de vie, espace de nature, espace économique, l'estuaire de la Loire comme tous les débouchés de grands fleuves sur la mer, est un espace de l'extrême où doivent s’équilibrer les trois piliers du développement durable".

 

"Longtemps, la priorité a été donnée à l’économie. Mais le progrès, la nouvelle donne économique, l’amélioration des connaissances, l’évolution des sensibilités par rapport à l'environnement et au fleuve font qu’il est aujourd’hui possible de concevoir, de mettre en œuvre et de faire partager un nouveau modèle de développement conciliant les différents usages. Le choix ne se pose donc pas ou plus entre un développement anarchique et irrespectueux et la sanctuarisation excessive d'un espace".

 

Le CESER, dans ce même avis, rappelait la multiplicité des textes et protections (européennes, nationales…) concernant l’estuaire de la Loire. Il estimait que "la mise en œuvre de ce nouveau modèle de développement ne passait pas par des mesures de protection supplémentaires (…)" et que "sa mise en œuvre ne pourra donc se faire que dans le cadre d’une gouvernance renouvelée de l'estuaire".


Dans la perspective d’un plan de gestion du paysage, il convient donc de prendre en compte l'extension des activités portuaires et industrielles envisagées ou envisageables, et les nécessités foncières qui en résultent. Les investissements programmés par le Grand Port Maritime (quais, zones logistiques, plateformes multimodales, etc.), le développement des activités industrielles et énergétiques (Airbus, terminal méthanier, raffinerie de Donges, etc.), les projets liés aux énergies marines renouvelables (éolien terrestre et off-shore, hydrolien, micro-algues, etc.) ne seront pas sans impact sur le paysage. Ce qui rend d’autant plus nécessaire, comme l'indique le rapport du CESER sur l’estuaire, la recherche de l'excellence économique et environnementale dans le respect des équilibres.

 

Des continuités à prendre en compte

Le Val de Loire, entre Sully et Chalonnes trouve des prolongements naturels en aval de Chalonnes. Le GR3 (sentier de grande randonnée), la Route des vins (de Sancerre à la mer), et la Loire à vélo vont bien au-delà du périmètre de la Loire Unesco. Répondant toutefois à un même cahier des charges et avec une même exigence de qualité, ces continuités constituent des éléments structurants dans le projet d’extension du Plan de gestion. Il en va de même pour les levées qui caractérisent si fortement les paysages de Loire et la ligne de chemin de fer Orléans-Nantes, qui entre Angers et Nantes fait partie intégrante du paysage de Loire.

 

 

Les préconisations du CESER

Inventer une gouvernance active et partagée

web article prconisationsLa diversité des acteurs impliqués autour de la Loire reflète toute la complexité du fleuve qui appelle une nécessaire clarification et simplification de la gouvernance. Des pilotes doivent être reconnus. Mais il convient de rester prudent, car décentraliser la gestion d’un fleuve et de sa vallée ne va pas de soi, même si c’est une option à étudier. Les problématiques sont très nombreuses et complexes et il n’y a pas à ce jour d’organisme, ni de structures disposant de l’éventail des compétences et des moyens pour y faire face. Toutefois la Région fait partie des collectivités ayant naturellement vocation à être l’assembleur au sein de l’entité Pays de la Loire.

 

 

Ne pas brider la créativité

Pour le CESER, il n’est pas question de calquer l’extension sur le plan de gestion proposé par l’État à l’Unesco pour la Val de Loire, l’estimant très en retrait par rapport au critère très novateur de « patrimoine culturel vivant et évolutif ». Il y voit le danger d’une « vitrification » du paysage ligérien. La liberté créatrice, la part de la modernité sont des éléments à prendre en compte pour l’extension. Notamment dans Nantes en ce qui concerne le paysage urbain  (la tour Bretagne, la Cité radieuse de Le Corbusier à Rezé) et les innovations architecturales et à propos des franchissements (cf. le précédent du pont transbordeur sur le quai de la Fosse).

 

Relever la ligne d’eau et rétablir les équilibres hydrauliques

Le CESER demande que soit prise en compte prioritairement la restauration du fonctionnement naturel du fleuve. Sans en faire un préalable absolu à tout effort de valorisation du paysage, la mise en œuvre d’un plan de gestion du paysage doit impérativement prendre en compte le relèvement de la ligne d’eau pour atténuer le courant et assurer la réalimentation des annexes hydrauliques du fleuve  particulièrement dans ce secteur qui va de Chalonnes à Bellevue, à l’amont immédiat de Nantes où l’extraction sablière et l’arasement des seuils ont entraîné de fortes dégradations.

 

Engager une analyse du paysage ligérien notamment industriel

Il n’est pas possible d’apporter des conseils et préconisations, d’établir éventuellement un guide des bonnes pratiques des paysages de Loire, sans confier au préalable à des hommes de l’art (géographes, architectes, paysagistes…) une analyse fine des spécificités paysagères de Chalonnes à Saint-Nazaire. Ainsi les paysages industriels doivent être pris en compte à part entière. À partir de Nantes, et plus encore dans l’estuaire, ce ne sont plus les châteaux ni les abbayes qui marquent de leur sceau le paysage, mais l’usine Béghin-Say, les halles abritant les Machines de l’île, le hangar à bananes reconverti, le Belem quand il est à quai, la grue jaune et la grue grise et la cale de lancement des anciens chantiers navals, puis la tour à plomb de Couëron, les hautes cheminées de Cordemais…La vue la plus spectaculaire de l’Estuaire, n’est-ce pas la vue panoramique de la raffinerie de Donges, depuis Paimboeuf ?

 

Ce patrimoine industriel offre également l’heureuse opportunité de son réemploi, élément clef du paysage, comme on le voit avec les Chantiers de Nantes, la base sous-marine de Saint-Nazaire et l’usine élévatoire sur le port de Saint-Nazaire, appelée à devenir centre d’interprétation de l’estuaire. Cette préconisation est en totale adéquation avec une des orientations du plan de gestion : "Préserver et valoriser le patrimoine et les espaces remarquables".

 

Promouvoir un axe doux multimodal entre Nantes et Fontevraud

La route, le train, le GR 3, la Loire à vélo, le fleuve lui-même : il y a là l’opportunité de tracer, en prenant appui sur les deux rives, une voie touristique, un cheminement doux, multimodal, reliant Nantes à Saumur, Montsoreau et Fontevraud. Alors que les voies rapides (autoroute, TGV, avion) relient essentiellement les villes, un tel axe touristique, permettrait de réinvestir, notamment dans une perspective de tourisme de proximité, l’espace rural et les villages ligériens en jouant sur la multi modalité (train et vélo ou voiture et randonnée), associée à toute une palette de propositions (œnotourisme, gastronomie, loisirs sportifs, offres culturelles, gîtes et chambres d’hôtes, camping-pêche, etc.).

 

Envisager un label "Villages de Loire" et mettre en valeur les lignes de ponts

La Loire, entre Les Ponts-de-Cé et Nantes, peut faire valoir ses très beaux villages. Perchés sur le coteau, villages de bords de Loire et hameaux tout au long de la Divatte, ils sont « L’autre Loire ». Un travail de reconquête et de mise en valeur du patrimoine local a déjà commencé à porter ses fruits, notamment à Ingrandes et au Fresnes-sur-Loire. "Petites cités de caractère" ou "villages de charme" : bien des communes œuvrent déjà à mettre en valeur leur paysage. L’extension des principes du plan de gestion devrait permettre à toutes ces démarches de produire leur plein effet. Le CESER propose d’envisager la création d’un label "Village de la Loire".

 

De même, une attention particulière pourrait être apportée aux franchissements existants en prenant en compte toute la ligne de ponts d’une rive à l’autre. Dans un paysage tout en longueur, ces transversales qui souvent mettent en relation des pays (par exemple les Mauges et le Pays d’Ancenis) permettent de scander le paysage. Leur valorisation pourrait être très bénéfique et répondrait bien à l’une des orientations du Plan de gestion : "Valoriser les entrées et les axes de découverte".

 

 

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