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Aller au-devant des plus démunis (nov 2009)

Date de parution : novembre 2009
Thématique : Santé & Social
Commission : Sanitaire et Sociale
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Quelle politique de santé dans la région

Même si les Pays de la Loire sont relativement épargnés par la pauvreté, 350000 Ligériens vivent avec moins de 900 euros par mois, soit 10 % de la population. En dépit d'importants moyens mobilisés en particulier en matière de transferts sociaux, et du passage d'une logique d'assistance une logique de "droits", les résultats sont encore insatisfaisants.

Au surplus, la précarité, c’est-à-dire l’absence d’une ou plusieurs sécurités et notamment l’absence d’emploi, s'accroît avec la crise touchant des publics nouveaux (les travailleurs pauvres, les jeunes…) et reléguant les autres vers des situations de non recours. L'objectif est donc à la fois de répondre aux nouvelles formes de précarité et de rattraper les publics les plus éloignés de l'emploi. Pour cela, il est absolument nécessaire d’aller au-devant d’eux, et avec eux d'actionner les trois leviers que sont la santé, le logement et l'accès à l'emploi par la formation.


Prévenir avant que les personnes ne tombent dans un processus d’exclusion

  • Attendre qu’une personne formule un besoin, en frappant à la bonne porte, c’est parfois déjà trop tard. Il est donc nécessaire que les acteurs aillent « au contact » des intéressés et les rencontrent sur leurs lieux de vie.
  • En matière de santé, il est primordial de conforter et développer les dispositifs itinérants ainsi que les permanences ou ateliers santé sur les lieux de vie.
  • En ce qui concerne le logement, une meilleure coordination entre les acteurs de la prévention et les structures de médiation bailleur-locataire ainsi que des contacts suivis avec les ménages en difficulté dès les premiers impayés permettraient de prévenir davantage les expulsions. Il faut viser coûte que coûte le maintien dans le logement et prévenir l’expulsion locative : c’est lorsque la personne a un toit qu’il convient de tout faire pour qu’elle le garde.
  • Quant au surendettement, qui fragilise une partie de la population, sa prévention passe par la formation à la gestion d’un budget, notamment des jeunes

Adapter les dispositifs aux besoins

  • Protéger, c’est faire du sur mesure au regard de chaque situation particulière, des besoins émergents et de l’évolution des publics.
  • En matière de santé, les efforts doivent être poursuivis pour développer les « dispositifs frontières » destinés aux personnes les plus précaires comme les Permanences d’accès aux soins santé (PASS dentaire ou psychiatrique, en particulier en milieu rural), les unités mobiles psychiatriques, les « lits halte soins santé », « l’accompagnement fin de vie » des SDF et le financement d’interprètes.
  • Quant au logement, il convient de rendre l’offre d’habitat accessible aux ménages à revenus modestes. Cela signifie qu'il faut modifier l’offre en privilégiant les aides à la pierre pour les constructions à loyer très faibles. Mais il faut aussi élargir l’offre en mobilisant davantage le parc privé à vocation sociale via l’intermédiation locative, les baux glissants, le recours plus important à la garantie des risques locatifs. Pour les publics les plus défavorisés, c’est aussi adapter l’hébergement d’urgence à l’évolution des publics, en retenant et développant les bonnes pratiques telles que les maisons relais.
  • Pour l’accès à l’emploi les pistes sont nombreuses : groupements d’employeurs, intervention entre l’offre et la demande, clauses d’insertion dans les appels d’offres permettant aux structures d’insertion par l’activité économique de jouer pleinement leur rôle, création de son propre emploi, mode adapté de garde d’enfants, moyens de déplacement…

Connaître, coordonner et mutualiser

  • Un état des lieux exhaustif des multiples dispositifs existants est nécessaire, par public concerné et par territoire. Il permettrait de constater les lacunes et les redondances. Cet audit devrait favoriser les mutualisations entre réseaux et les regroupements autour des structures les plus opérationnelles. L'observation et l'analyse pourraient être assurées par une Mission régionale d'information sur l'exclusion (MRIE) comme en Rhône-Alpes et des Etats généraux de lutte contre la pauvreté et les exclusions comme cela a été fait en Pays de la Loire pour la jeunesse.
  • L’objectif est de viser la « non-rupture » dans la prise en charge des personnes. Par exemple, le cloisonnement entre le secteur social et le secteur sanitaire, en particulier en psychiatrie, doit disparaître et laisser la place à une coordination efficace entre les CHRS et les services hospitaliers.
  • La condition de réussite, c’est le soutien au bénévolat tel qu’il se pratique dans les très nombreuses associations de la région, et aux structures porteuses d’innovations et de lien social. Un financement par enveloppe globale par territoire plus que par politique publique serait plus efficient et serait incitatif pour cet indispensable travail en commun.
 
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